Les Laurentides, une histoire d’eau et de montagne
Les Laurentides tirent leur nom du Saint-Laurent et des monts qui forment le rebord méridional du bouclier canadien. Géologiquement, ce sont parmi les plus vieilles montagnes du monde — plus d’un milliard d’années de granite usé par les glaciers — qui n’atteignent nulle part les altitudes des jeunes chaînes montagneuses, mais qui compensent leur modestie altimétrique par une présence pleine et massive dans le paysage. Entre ces collines arrondies, les glaciers ont creusé des milliers de dépressions qui se sont remplies d’eau pour former les lacs characteristiques de la région — on en compte plus de 8 000 dans les seules Laurentides.
Cette géographie de lacs et de forêts a attiré les citadins montréalais depuis la fin du XIX e siècle. Les premières villas d’été apparurent à Saint-Jérôme, puis s’égrènent vers le nord au fil des années, suivant le train qui ouvrit les Laurentides au grand public. Aujourd’hui, la région accueille plus de 5 millions de visiteurs par année et s’est hissée au rang de destination touristique internationale grâce à Mont-Tremblant, tout en conservant une multiplicité d’expériences plus discrètes pour ceux qui cherchent à s’éloigner des circuits fréquentés. Depuis Montréal, il suffit de rouler une heure vers le nord pour se retrouver au cœur de ces paysages de lacs et de forêts.
Mont-Tremblant : la star internationale des Laurentides
Mont-Tremblant est la destination phare des Laurentides, et pour cause. Le village piétonnier de la station, construit à l’européenne avec ses chalets colorés, ses galeries et ses restaurants, a été conçu pour ressembler à un village de montagne du Vieux Continent — avec le confort nord-américain en prime. En hiver comme en été, il est animé et accueillant.
La station de ski Mont-Tremblant
La station de ski est l’une des plus importantes de l’est du Canada avec 102 pistes réparties sur deux versants (sud et nord), un dénivelé de 645 mètres et un enneigement artificiel qui garantit des conditions de qualité de décembre à mars. Les pistes sont variées, des larges boulevards pour débutants aux couloirs étroits pour experts, et la station accueille régulièrement des épreuves de Coupe du Monde de ski alpin. Les files d’attente peuvent être longues les week-ends des fêtes — privilégier les jours de semaine pour une expérience plus fluide.
Mont-Tremblant en été et en automne
En été, le versant nord de la montagne se transforme en parc de vélo de montagne avec 85 kilomètres de pistes. La remontée mécanique permet d’accéder directement au sommet et de redescendre à vélo — une activité idéale pour les familles avec enfants à partir de 7-8 ans. Le lac Tremblant, au pied de la station, offre des activités nautiques variées (kayak, canot, pédalo) et une plage surveillée en juillet-août. En automne, les remontées mécaniques continuent de fonctionner et les panoramas sur les feuillages sont époustouflants.

Le P’tit Train du Nord : 232 kilomètres de piste
Le P’tit Train du Nord est l’une des plus belles pistes multifonctionnelles du Québec. Aménagée sur l’ancienne voie ferrée du Canadien Pacifique qui desservait les Laurentides jusqu’en 1981, la piste s’étire sur 232 kilomètres entre Saint-Jérôme et Mont-Laurier, traversant 22 municipalités et des paysages variés — villages de bord de rivière, forêts denses, plaines agricoles et cols boisés.
En été, c’est une piste cyclable de niveau modéré (dénivelé progressif vers le nord) appréciée des cyclotouristes qui la parcourent en 3 à 5 jours avec étapes dans les auberges de village. En hiver, les 200 premiers kilomètres deviennent l’une des plus longues pistes de ski de fond damées du Québec — une référence pour les amateurs de glisse nordique. Notre guide des stations de ski des Laurentides décrit toutes les options hivernales de la région.
Les gares converties en relais
Les anciennes gares du P’tit Train du Nord ont été converties en haltes-vélo, restaurants et auberges. Celle de Saint-Faustin–Lac-Carré, celle de Labelle et celle de Rivière-Rouge sont particulièrement bien aménagées, avec des toilettes, des stationnements vélos sécurisés et des services de ravitaillement. La gare de Saint-Jérôme, point de départ officiel, abrite un musée dédié à l’histoire du chemin de fer dans les Laurentides.
Saint-Sauveur, Sainte-Adèle et Sainte-Agathe : le cœur des Laurentides
Ces trois villes forment le cœur touristique des Laurentides basses, à moins de 100 kilomètres de Montréal.
Saint-Sauveur
Saint-Sauveur est la station de montagne la plus proche de Montréal — à peine 1 heure de route — et elle se vide et se remplit chaque week-end hivernal avec une régularité de métronome. Son domaine skiable, le plus grand en nombre de pistes de la région, est composé de cinq secteurs fusionnés (dont Mont Saint-Sauveur, Avila et Habitant) sur 140 pistes. La rue principale de Saint-Sauveur, avec ses boutiques, ses restaurants et ses terrasses estivales, est l’une des plus animées des Laurentides.

Sainte-Adèle
Sainte-Adèle est une ville plus résidentielle et plus calme que Saint-Sauveur, avec un caractère de villégiature haut de gamme. Le Chantecler, station historique des Laurentides devenue complexe hôtelier, y domine le lac Rond. Le centre-ville de Sainte-Adèle, avec sa librairie, ses cafés et son marché public, a un charme de petite ville de province française.
Sainte-Agathe-des-Monts
Sainte-Agathe-des-Monts est souvent considérée comme la « capitale » des Laurentides — ville la plus grande de la région, elle est aussi l’une des plus pittoresques. Son lac des Sables, cerné de plages et de parcs, est le cœur de la vie estivale. Les croisières commentées sur le lac offrent une perspective charmante sur les villas et chalets qui se reflètent dans l’eau.
Le parc national du Mont-Tremblant
Le parc national du Mont-Tremblant est le plus ancien et le plus grand parc national du Québec, avec 1 510 kilomètres carrés de forêts mixtes, de rivières à saumon et de lacs de cristal. Il est divisé en trois secteurs principaux (La Diable, La Pimbina, L’Assomption) accessibles depuis plusieurs points d’entrée.
Activités dans le parc
- Canot-camping : le parc est l’un des meilleurs au Québec pour le camping en parcs nationaux, avec des circuits de plusieurs jours reliant les lacs par des portages balisés
- Randonnée : des sentiers pour tous les niveaux, du facile au difficile, dont le sentier du Lac des Femmes et la montée au mont Tremblant
- Observation de la faune : orignaux, ours noirs, castors, loutres et plus de 200 espèces d’oiseaux nicheurs
- Ski de fond et raquette en hiver sur des pistes damées
Hébergement : chalets, auberges et hôtels de montagne
Les Laurentides proposent l’une des gammes d’hébergement les plus larges du Québec. Les chalets privés à louer à la semaine ou au week-end sont le choix le plus populaire pour les familles et les groupes d’amis — les services de location comme Zec Québec ou les plateformes spécialisées en offrent des centaines. Les auberges de jeunes et les gîtes du Passant jalonnent le P’tit Train du Nord pour les cyclotouristes. À Mont-Tremblant, l’offre hôtelière va des résidences de luxe des stations (Fairmont, Club Med, Westin) aux condos en location directe.
En haute saison hivernale (décembre-mars) et lors des long week-ends du calendrier québécois, les hébergements de Mont-Tremblant et de Saint-Sauveur s’arrachent plusieurs mois à l’avance. Réserver tôt est une règle d’or dans les Laurentides — surtout si vous visez un chalet avec vue sur le lac. Pour les séjours en pleine nature dans le respect de l’environnement, la plateforme voyager vert au Québec recense des options d’hébergement et d’activités éco-responsables dans toute la région des Laurentides.